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24 Octobre 2010
Dans un communiqué de presse du 26 janvier 2010, le Président du régime de retraite Ircantec (régime des fonctionnaires non titulaires et des élus), Jean-Paul Thivolie, tente de justifier l’injustifiable : la ponction au profit de son régime des caisses Agirc-Arrco (régimes complémentaires des salariés du privé) dont le rendement est près de deux fois inférieur (1 € cotisé rapporte près de deux fois plus aux pensionnés Ircantec qu’aux pensionnés Agirc-Arrco).
Taux de rendement annuel des régimes en 2009
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| Valeur d’acquisition du point ou « salaire de référence » | Valeur de service du point | Taux d’appel | Taux de rendement |
| Ircantec | 3,126 € | 0,44542 € | 125 % | 12,18 % |
| Agirc | 4,9604 € | 0,4186 € | 125 % | 6,75 % |
| Arrco | 14,2198 € | 1,1799 € | 125 % | 6,64 % |
Comme unique argument, le Président Thivolie invoque le principe de la « retraite par répartition » qui pourtant, selon la définition commune, repose sur une solidarité élargie, collective et intergénérationnelle où chaque cotisant prend en charge les pensions des retraités du moment.
Or, en aucun cas la solidarité ne peut justifier :
- qu’un régime de retraite soit ponctionné au profit d’un régime spécial plus « riche » ;
- qu’un régime en situation de précarité soit encore d’avantage fragilisé par une ponction de plusieurs milliards d’euros (en l’état actuel des paramètres en vigueur, les réserves de l’Agirc-Arrco seront épuisées dès 2013) ;
- qu’un régime fasse « bande à part » (en contradiction avec le caractère universel de la répartition) lorsque la conjoncture lui est favorable (+ 31,8 % de cotisants au cours des dix dernières années) et réclame l’assistance des autres régimes dès que les circonstances lui sont moins favorables.
Rappel des faits
Dans le cadre du changement de statut de La Poste qui devient une société anonyme (loi votée le 12 janvier 2010), il a été décidé que les nouveaux embauchés de La Poste allaient être affiliés, non pas à l’Ircantec, comme leurs aînés, mais à l’Agirc-Arrco. Or, les administrateurs de l’Ircantec prétendent avoir un droit sur les cotisations des futurs embauchés de La Poste pendant les 50 années à venir (un demi siècle !) et réclament, à ce titre, une indemnité, à l’Agirc-Arrco, de 6 milliards d’euros.
Cas de figure inédit dans l’histoire des retraites, un régime de retraite prétend avoir des droits sur des futurs cotisants dont la plupart ne sont même pas encore en activité et dont beaucoup ne sont pas encore nés !